Oui. Si vous réalisez votre PMA dans un pays de l'Union européenne — l'Espagne, par exemple —, la Sécurité sociale française peut prendre en charge une partie des frais, exactement comme si vous aviez été soignée en France. La condition : avoir obtenu une autorisation préalable avant de commencer le traitement. Sans ce sésame, aucun remboursement n'est possible.
Ce guide vous explique la procédure complète : comment obtenir l'autorisation, quoi envoyer après les soins, combien vous sera remboursée, et les erreurs qui font rejeter un dossier.
Le formulaire S2 ("Droit aux soins programmés") est le document qui prouve que la Sécurité sociale française autorise votre prise en charge à l'étranger. Il liste les actes remboursables, la clinique autorisée, et la période de validité. Vous devrez le présenter à votre clinique en Espagne.
Sans S2, votre mutuelle refusera également d'intervenir — dans la quasi-totalité des contrats, la complémentaire ne prend le relais que si la Sécu a accordé sa prise en charge.
Ce n'est pas votre CPAM locale, mais un service national centralisé : le CNSE (Centre National des Soins à l'Étranger), rattaché à la CPAM du Morbihan.
Votre dossier doit être envoyé par courrier à cette adresse :
CPAM 56 — CNSE MÉDECIN CONSEIL
TSA 99 998
56003 VANNES CEDEX
Nous recommandons un envoi par courrier recommandé avec accusé de réception.
Il doit contenir 4 pièces :
1. Le certificat médical de votre gynécologue
Daté de moins de 6 mois. Il doit mentionner : l'absence de contre-indication médicale, le motif du recours à l'étranger, la technique indiquée (congélation, FIV, don d'ovocytes...), votre parcours PMA antérieur, et la confirmation que vous avez été informée. Un modèle officiel est fourni par la CPAM — demandez-le à votre médecin ou téléchargez-le sur ameli.fr.
2. Le devis de la clinique étrangère
Nominatif, signé, daté de moins de 6 mois. Attention : la facture finale que vous enverrez après les soins devra correspondre exactement à ce devis. Toute option ajoutée en cours de route doit faire l'objet d'une facture séparée.
3. Les comptes rendus médicaux des soins déjà réalisés
Et les résultats biologiques disponibles (bilan hormonal, spermogramme, etc.).
4. Votre demande écrite
Une lettre simple précisant votre nom, numéro de Sécu, la technique souhaitée et la clinique choisie.
Le CNSE dispose de 14 jours à compter de la réception de votre dossier pour répondre. Passé ce délai sans réponse, le silence vaut accord — à condition que votre dossier remplisse toutes les conditions réglementaires. En pratique, gardez une preuve d'envoi (recommandé avec AR) et notez la date de réception.
Une fois rentrée en France, vous constituez votre dossier de remboursement. Il peut être envoyé via votre compte ameli.fr ou par courrier recommandé à votre CPAM locale.
Formulaire S3125 "Soins reçus à l'étranger"
À télécharger sur ameli.fr et à compléter.
La facture de la clinique
Elle doit obligatoirement mentionner : la signature et le cachet de la clinique, la mention "acquittée le" avec la date, et le mode de règlement (virement ou carte — les paiements en espèces ne sont plus acceptés). Son montant doit correspondre exactement au devis initial soumis au CNSE.
Le compte rendu médical de la tentative
Envoyé sous pli confidentiel à l'attention du médecin conseil du CNSE si vous passez par courrier. Via ameli.fr, vous le joignez directement au dossier.
Votre formulaire S2
Qui vous a été remis avant les soins.
Optionnel : formulaire S3140C
Si vous avez fait une demande de remboursement des frais de transport (un aller-retour peut être pris en charge — renseignez-vous auprès du CNSE au moment de la demande d'autorisation).
Le remboursement est calculé sur la base des tarifs français, pas sur le coût réel pratiqué à l'étranger. La prise en charge est donc partielle — mais elle reste significative.
Pour une FIV : remboursement sur la base des actes français (ponction, transfert, biologie), qui couvre généralement entre 1 500 € et 2 500 € selon le protocole.
Pour un don d'ovocytes : prise en charge possible dans les mêmes conditions. Le devis de la clinique doit détailler les actes de façon à permettre la correspondance avec les codes CCAM français.
La mutuelle complète le remboursement Sécu, mais uniquement si vous avez le formulaire S2. Certains contrats peuvent couvrir jusqu'à 3 000 à 5 000 € en complément — vérifiez votre contrat avant de démarrer, et appelez votre mutuelle pour demander une estimation écrite.
Les médicaments de stimulation prescrits en France par ton gynécologue sont remboursés dans les conditions habituelles.
1. Commencer le traitement sans avoir reçu le S2
C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. L'autorisation préalable est obligatoire. Même si vous n'avez pas reçu de réponse dans les 14 jours, attendez de pouvoir prouver que ce délai est bien écoulé avant de démarrer.
2. Une facture qui ne correspond pas exactement au devis
Si la clinique a ajouté des actes, le montant total change. La Sécu rejette les dossiers où facture et devis divergent. Demandez systématiquement une facture séparée pour les suppléments.
3. Un certificat médical trop vague ou trop ancien
Le médecin doit explicitement mentionner le motif du recours à l'étranger. Un certificat générique ne suffit pas.
4. Oublier le pli confidentiel pour le compte rendu médical
Si vous envoyez par courrier, le compte rendu doit être sous enveloppe séparée à l'attention du médecin conseil — pas joint au reste du dossier.
5. Avoir recours à une technique interdite en France
Le remboursement ne s'applique que si la technique est aussi remboursée en France (FIV classique et don d'ovocytes : oui / DPI-A interdit en France : non)
Avant de démarrer :
Après les soins :
WoMA accompagne chaque patiente dans la constitution de son dossier de remboursement, de la demande d'autorisation préalable jusqu'à l'envoi du dossier après les soins. Notre taux de remboursement réussi est de 100 % sur les dossiers que nous suivons.
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