Tu as pris rendez-vous dans un centre public pour congeler tes ovocytes. La secrétaire te rappelle deux semaines plus tard : le premier rendez-vous disponible est dans 8 mois. Puis il faudra compter plusieurs mois supplémentaires avant la ponction elle-même. Au total : 12 à 18 mois d'attente, parfois plus, avant que tes ovocytes soient congelés.
C'est la réalité vécue par la grande majorité des femmes qui s'engagent dans ce parcours en France aujourd'hui. Et ce n'est pas une mauvaise gestion de ta part — c'est une crise structurelle du système.
Depuis la loi de bioéthique de 2021, la congélation d'ovocytes sans indication médicale est ouverte à toutes les femmes majeures. Résultat : une explosion de la demande que les centres hospitaliers n'étaient pas du tout préparés à absorber.
En France, la congélation d'ovocytes est réalisée quasi-exclusivement dans des centres hospitaliers publics — les CECOS et les services de PMA. Ces structures fonctionnent avec des ressources humaines et un plateau technique limités. Elles ont une capacité mensuelle de ponctions fixe, qui n'a pas augmenté proportionnellement à la demande.
Concrètement, les chiffres sont édifiants : certains centres parisiens et lyonnais affichent des délais dépassant 18 mois pour un premier rendez-vous. Dans les régions moins dotées, la situation peut être encore plus longue. Selon les données publiées en 2024, le délai moyen national pour une première consultation de préservation de fertilité en France est de 13 mois.
Pendant ce temps, ton horloge biologique, elle, n'attend pas.
C'est là que le problème devient médical, pas seulement logistique.
La qualité et la quantité d'ovocytes récupérés lors d'une ponction diminuent avec l'âge. Cette diminution est progressive, mais elle s'accélère à partir de 35 ans — et de façon significative après 37 ans. Concrètement :
Pour avoir une chance raisonnable de grossesse future, la plupart des spécialistes recommandent de disposer de 15 à 20 ovocytes de bonne qualité. Ce que tu obtiens en un ou deux cycles à 32 ans peut nécessiter trois ou quatre cycles à 37 ans — si tu peux encore les obtenir.
Attendre 18 mois avant de commencer, c'est donc souvent se retrouver dans une situation médicalement moins favorable que celle dans laquelle on était au moment de prendre rendez-vous.
Même une fois le premier rendez-vous obtenu, le délai ne s'arrête pas là. Le parcours dans un centre public comprend typiquement :
De la première consultation au premier ovocyte congelé : 6 à 9 mois minimum dans les centres les plus rapides, souvent davantage.
Les disparités régionales sont importantes. Les grandes métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille) concentrent la majorité des centres accrédités — mais aussi la majorité des demandes. Les régions moins bien dotées peuvent manquer de centres à moins de deux heures de trajet.
Autres facteurs qui allongent les délais :
La clinique privée en France
Quelques cliniques privées réalisent des congélations d'ovocytes en France. Les délais sont généralement plus courts (2 à 4 mois), mais le coût est plus élevé : entre 3 500 et 5 000 € par cycle, non remboursé en dehors du cadre prévu par l'Assurance Maladie.
L'Espagne
C'est l'alternative la plus choisie par les femmes françaises qui ne peuvent pas attendre. En Espagne, la congélation d'ovocytes est réalisée dans des cliniques privées spécialisées — souvent avec plus de volume, plus d'équipements et des délais de 4 à 8 semaines entre le premier contact et la ponction.
Le coût est de 2 500 à 4 000 € selon les cliniques et les protocoles. Une partie est remboursable via le formulaire S2 si vous avez entre 29 et 37 ans (avant votre anniversaire de 37 ans) au moment de la ponction.
Le suivi de stimulation (prises de sang et échographies) peut se faire en France, auprès de votre médecin traitant ou d'un gynécologue. Seule la ponction nécessite un déplacement en Espagne — souvent une journée.
Le bilan hormonal en avance
Quelle que soit votre décision, faire votre bilan hormonal (AMH, FSH, CFA) maintenant — avant même d'avoir votre premier rendez-vous dans un centre — vous fera gagner des mois. Ce bilan peut être prescrit par votre médecin traitant ou une sage-femme et réalisé en laboratoire de ville.
La réponse médicale est claire : le plus tôt possible, à partir du moment où vous envisagez une maternité après 35 ans.
Mais la réponse pratique est plus nuancée. Si vous avez 28 ans et une AMH normale, vous pouvez vous permettre d'attendre quelques mois. Si vous avez 34 ans et une AMH dans la norme basse, commencer à explorer les options maintenant — quitte à aller en Espagne si les délais français sont incompatibles avec votre âge — est une décision médicalement justifiée.
Chez WoMA, on pense que l'attente n'est pas une fatalité. Pour les femmes dont le profil médical ne peut pas se permettre 18 mois de délai, nous aidons à trouver la bonne clinique en Espagne, à organiser le parcours de stimulation depuis la France et à maximiser les chances d'obtenir des ovocytes de qualité avant que la fenêtre ne se rétrécisse.
Envie d'aller plus loin sur le sujet? 3 choses que vous pouvez faire:
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