Vous avez pris votre décision. Vous voulez congeler vos ovocytes ou démarrer une FIV. Vous appelez le premier centre de PMA public et vous entendez : "Le premier rendez-vous disponible est dans 8 mois." C'est en France. C'est en 2025.
L'étude WoMA menée auprès de 47 centres agréés révèle un délai moyen de 13 mois entre la demande de premier rendez-vous et le début du traitement pour une congélation d'ovocytes. En Île-de-France et dans les grandes métropoles, ce chiffre monte à 18-24 mois. Et pour un don d'ovocytes, les derniers chiffres indiquent une attente peut dépasser 3 à 5 ans.
Ce n'est pas une anecdote. C'est une réalité structurelle qui concerne des dizaines de milliers de femmes chaque année — et qui a des conséquences biologiques concrètes : chaque année d'attente après 35 ans compte.
La loi bioéthique d'août 2021 a élargi l'accès à la PMA à toutes les femmes — femmes seules, couples de femmes — sans condition médicale d'infertilité. Une avancée historique. Mais les moyens n'ont pas suivi. Les 103 centres agréés en France ont dû absorber une hausse estimée à 30-40 % des demandes sans augmentation significative de leur capacité.
Résultat : les délais pour une première consultation oscillent entre 3 et 6 mois selon la région, ceux pour une FIV entre 6 et 18 mois, et ceux pour la congélation d'ovocytes entre 12 et 24 mois. Avec un paradoxe cruel : plus vous attendez, plus l'âge avance, moins les résultats sont bons.
Les disparités régionales sont aussi frappantes. Dans les zones rurales et certaines régions, les centres sont rares. Une femme qui habite en Creuse ou dans les Hautes-Alpes peut se retrouver à plusieurs heures de trajet du centre le plus proche — et avec des délais tout aussi longs.
Derrière ces chiffres, il y a des histoires vraies. Celle de la femme de 36 ans qui doit attendre 18 mois pour sa congélation d'ovocytes, et qui dépasse les 37 ans — date butoir pour la congélation d'ovocytes — avant même d'avoir commencé. Celle de la femme seule à qui on annonce 2 ans d'attente pour les paillettes de donneur, soit plusieurs cycles biologiques perdus.
La loi fixe une limite à 43 ans pour la ponction d'ovocytes. Si vous avez 41 ans et que vous attendez 18 mois, vous n'aurez plus de prise en charge. Personne ne vous le dit au moment de la liste d'attente.
Chez WoMA, on pense que l'information sur les délais réels devrait être systématiquement communiquée dès le premier contact avec un centre de PMA. Que chaque femme mérite de connaître ses options concrètes — y compris celle de partir en Espagne — avant de perdre un, deux ou trois ans dans une file d'attente.
Première option : rester en France et optimiser votre dossier. Préparez un bilan hormonal complet avant même votre premier RDV, cela accélère le parcours. Consultez plusieurs centres en parallèle — les délais varient parfois du simple au double selon les établissements. Certains centres privés agréés affichent des délais plus courts que les CHU.
Deuxième option : choisir en Espagne pour votre ponction et/ou transfert et réaliser le suivi préalable en France avec WoMA. La plupart des Françaises qui font ce choix obtiennent un rendez-vous de première consultation en 2 à 4 semaines et démarrent leur stimulation dans le mois. Le remboursement CPAM aide à réduire le coût total.