Il existe des dizaines de produits estampillés "fertilité" ou "préconception" sur le marché. Certains ont une vraie base scientifique. D'autres misent surtout sur l'anxiété des femmes en parcours PMA, prêtes à tout essayer pour maximiser leurs chances. Voici comment démêler les deux.
La règle de base : un complément alimentaire n'est pas un médicament. Il ne traite pas l'infertilité, ne compense pas une réserve ovarienne basse, ne corrige pas une anomalie chromosomique. Ce qu'il peut faire, en revanche : corriger une carence, réduire le stress oxydatif et soutenir les processus biologiques qui influencent la qualité des gamètes. C'est déjà beaucoup — à condition de choisir les bons.
L'acide folique (ou méthylfolate) est le plus incontournable. Il réduit le risque d'anomalies du tube neural et améliore la maturation ovocytaire. La dose recommandée est de 400 µg/jour, à commencer idéalement 3 mois avant la conception. Pour les femmes porteuses d'une mutation MTHFR, la forme méthylée (méthylfolate) est mieux assimilée.
La CoQ10 (coenzyme Q10) est un antioxydant qui joue un rôle clé dans la production d'énergie au niveau cellulaire. Les études montrent qu'une supplémentation améliore la qualité des ovocytes, particulièrement après 35 ans. La forme ubiquinol est mieux absorbée que la forme ubiquinone classique. Dose : 200 à 600 mg/jour.
Les oméga-3 (EPA/DHA) réduisent l'inflammation systémique qui peut nuire à la qualité ovocytaire et à l'environnement utérin. Ils améliorent aussi le flux sanguin vers les ovaires. Dose : au moins 1 g d'EPA+DHA par jour, idéalement issus de poissons sauvages ou d'algues.
La vitamine D est souvent en déficit, surtout en hiver et en Europe. Plusieurs études montrent qu'un taux adéquat de vitamine D améliore les chances de succès en FIV, notamment en favorisant la réceptivité de l'endomètre. À doser d'abord (prise de sang simple), puis à supplémenter selon le résultat.
Le zinc intervient dans la maturation des ovocytes et soutient la production de progestérone. Des études associent des niveaux sanguins adéquats à de meilleurs taux de fécondation. Les huîtres, les graines de courge et la viande rouge en sont les meilleures sources alimentaires.
Les "complexes fertilité" tout-en-un ne sont pas nécessairement mauvais, mais leurs dosages sont souvent trop faibles pour être efficaces sur les principes actifs clés, et la transparence sur les formes utilisées (méthylfolate vs acide folique, ubiquinol vs ubiquinone) est rare. Lisez la composition.
Le DHEA est parfois prescrit hors AMM pour améliorer la réponse ovarienne chez les mauvaises répondeuses. C'est une hormone — pas un complément anodin. Ne l'utilisez jamais sans avis médical.
Les cures détox et les régimes restrictifs avant une FIV sont contre-productifs : votre corps a besoin d'énergie et de nutriments, pas d'être mis à jeun. La privation est une source de stress supplémentaire pour l'organisme.
Chez WoMA, on pense que les compléments peuvent faire partie d'une préparation sensée — à leur juste place. Ni comme solution miracle, ni comme cases à cocher sous pression. Votre médecin ou votre sage-femme peut vous orienter en fonction de votre profil.